esbroufer


esbroufer

esbroufer [ ɛsbrufe ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1835; provenç. esbroufa « s'ébrouer », it. sbruffare « asperger par la bouche, le nez »
Fam. En imposer à (qqn) en faisant de l'esbroufe. bluffer, épater. Il cherche à nous esbroufer (moins cour. que Faire de l'esbroufe).

esbroufer verbe transitif (provençal esbroufa, s'ébrouer) Vieux. En imposer à quelqu'un par de grands airs, des manières hardies.

⇒ESBROUF(F)ER, (ESBROUFER, ESBROUFFER)verbe trans.
Fam. En imposer à autrui par une attitude, des propos hâbleurs et étourdissants. (Quasi-)synon. effarer, épater, intimider. Il n'était pas fait, lui, comme les autres, il n'esbrouffait personne (...) il n'était pas gueulard (CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 49). Une, en particulier, chose orangée vive, m'a positivement esbrouffé (VALÉRY, Corresp. [avec Gide], 1898, p. 314) :
On s'est bien amusé dans l'hémicycle, et l'idée que des soldats avaient esbrouffé des jurés, des juges et des membres de l'institut, a paru la chose la plus réjouissante du monde.
CLEMENCEAU, Iniquité, 1899, p. 228.
Emploi pronom. à sens passif. S'esbrouffer de qqc. Se laisser impressionner par quelque chose. On n'a pas idée de ce qu'ils sont en retard, en province... ça ne sait rien... ça ne voit rien... ça ne comprend rien... ça s'esbrouffe de la chose la plus naturelle (MIRBEAU, Journal femme ch., 1900, p. 36).
Rem. La docum. atteste l'emploi adj. du part. prés. esbrouf(f)ant, ante, fam. [En parlant d'une chose ou d'une attitude étonnante] Qui esbrouffe. Toilette esbrouffante. Un artiste (...) dont les succès étaient de plus en plus esbrouffants (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 11). J'ai oublié le plus esbrouffant de ce que cette pauvre princesse m'a confié hier (GONCOURT, Journal, 1889, p. 923). Une cravate esbroufante (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 58).
Prononc. et Orth. :[], (j')esbrouf(f)e []. Ds Ac. 1932. Pour 1 ou 2 f, cf. esbrouf(f)e. Étymol. et Hist. 1835 esbrouffer « faire des embarras » (Raspail ds Le Réformateur, 20 sept. 1835, p. 2). Prob. empr. au prov. mod. esbroufa « s'ébrouer [en parlant d'un cheval qui souffle des naseaux], faire de l'embarras » (v. MISTRAL), dér. comme l'ital. sbruffare « asperger de l'eau, spécialement en soufflant avec la bouche » (dep. le XIVe s. d'apr. DEI), d'abord bruffare (dep. 1271 à Venise, ibid.), du rad. onomat. brf- (cf. brif(f)er, brifaud). Fréq. abs. littér. :4. Bbg. QUEM. DDL t. 2 (s.v. esbrouffant).

esbroufer [ɛsbʀufe] v. tr.
ÉTYM. 1835, esbrouffer; provençal esbroufa « s'ébrouer », de l'ital. sbruffare « asperger par la bouche, le nez ».
Fam. En imposer à qqn en faisant de l'esbroufe. Bluffer, épater, étonner. || Il cherche à nous esbroufer (moins cour. que faire de l'esbroufe).
Absolument :
1 C'est l'occasion de s'ébrouer, d'esbroufer, d'éberluer et de s'éblouir elle-même qu'elle (Élise) cherche, aussi est-elle toujours moins bonne qu'elle ne veut le paraître (…)
M. Jouhandeau, Chroniques maritales, p. 117.
——————
esbroufant, ante p. prés. adj.
ÉTYM. (1846).
Qui esbroufe. Étonnant. || Une toilette esbroufante. || Succès esbroufants. Sensationnel.
2 Ce scélérat se savait supplanté par un jeune Conseiller d'État et par un artiste (…) dans le cœur de Jenny Cadine, dont les succès étaient de plus en plus esbroufants (…)
Balzac, la Cousine Bette, Pl., t. VI, p. 145.
3 Quelles exigences (ma mère) n'eût-elle pas souhaité que j'eusse eues avec elle pour moi ? et je lui amenais une femme qui n'était ni jeune ni pure et dont le genre de splendeur, l'originalité esbroufante qui m'avaient séduit étaient justement le mieux faits pour lui déplaire (…)
M. Jouhandeau, Chroniques maritales, p. 188.
DÉR. Esbroufeur.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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